Maison des Solidarités à Langon (33) près de Bordeaux pour le compte du Département de la Gironde.
Né d’une commande pilote du Département de la Gironde basé sur un programme ambitieux autour des sujets cruciaux de l’environnement, l’énergie, le climat et la santé – notamment la qualité de l’air –, ce projet se veut exemplaire sur ces aspects. Il revendique une construction à très faible empreinte, fondée sur un scénario environnemental radical où le bioclimatisme, la passivité et l’usage total de matériaux naturels se combinent pour proposer une nouvelle manière de construire. Le projet affirme une architecture de sobriété et d’innovation : bâtir avec des matériaux bas carbone, recourir à des dispositifs LOW-TECH ingénieux, valoriser les savoir-faire artisanaux, offrir un confort pérenne et sain, tout en travaillant les matérialités par le prisme de leur intelligence microclimatique (confort, énergie, climat). L’économie circulaire et le réemploi sont également un des leviers bas carbone du projet. Le projet se détourne des produits émettant des COV (Composant Olfactif Volatile), des matériaux énergivores et pétrochimiques, des ressources non renouvelables, de la dépendance au HIGH-TECH, de l’omniprésence du BA13 avec ses colles nocives et ses ossatures métalliques secondaires fragiles et prêtes à jeter, et enfin cherche également à limiter aussi au maximum la prolifération des équipements techniques (électricité, ventilation mécanique). 1 300 m² de MOB (Mur Ossature Bois) en bois-terre-paille , un millier de bottes de paille composent la structure et second-œuvre (cloisons non porteuses), réalisée à 100 % en matériaux bio/géosourcés, y compris les cages d’escaliers et ascenseurs en bois (innovant en ERP, équipement recevant du public). Exempte de pétrochimie (hors membrane d’étanchéité en toiture), la conception intègre des protections solaires extérieures efficaces grâce à une casquette garde-corps périphérique, des brise-soleil orientables et volets en osier tressés. Le projet valorise également le réemploi, avec la réutilisation de portes en bois et de 177 radiateurs issus de l’ancienne gendarmerie du site. Les choix de matériaux privilégient aussi un ancrage français : bardage en bois brûlé (douglas) offrant une pérennité d’au moins un siècle sans traitement ni maintenance, de l’épicéa français et pin des Landes. Le confort d’été est assuré sans climatisation par une combinaison de dispositifs passifs : ventilation naturelle par tirage thermique avec 7 lanterneaux de toiture, inertie thermique apportée par les enduits de terre intérieure et un moucharabieh en briques de terre crue favorisant un microclimat intérieur. Enfin, la production énergétique repose sur des solutions renouvelables avec une centrale solaire photovoltaïque en toiture et une chaufferie biomasse bois. Ce projet architectural a été conçu et pensé telle une maison d’accueil : Il émane une ambiance intérieure très chaleureuse essentiellement activée par la mise en oeuvre de matériaux naturels (bois, enduit de terre, enduit chaux) sur l’ensemble des parois du projet (sols, plafonds, murs) répondant ainsi aux attentes d’un programme à vocation sociale. L’organisation spatiale intérieure s’orchestre autour d’un noyau central (hall d’accueil et patio) lumineux et desservant avec une orientation aisée l’ensemble des services sociaux accolés. Un programme dense et un plafond imposé à R+1 a donné au bâtiment naturellement sa forme allongée en U, reliée par une passerelle jouant le rôle de trait d’union de l’organisation spatiale. L’écriture architecturale des façades “extérieures” tentent d’effacer la lecture de deux niveaux visant à garder une taille “humaine” pour dialoguer avec l’échelle du quartier qui présente des maisons de plein pied. Les utilisateurs ont été formés à prendre en main le bâtiment au travers de son “mode d’emploi bioclimatique” rapprochant ainsi conception architecturale-technique et usagers.
copyright photos : Ivan Mathie et ABF-LAB
livraison : juillet 2025